La transition politique s’avère nécessaire pour la stabilité de la Guinée18 min read

Dans un entretien téléphonique qu’il a accordé au correspondant de Guineematin.com basé à New York, l’opposant Bah Oury a évoqué plusieurs questions marquant l’actualité nationale. Il est revenu notamment sur son avenir politique après son départ de l’UDD, la saisine de la CPI par le FNDC, la prochaine élection présidentielle, et la gestion de la pandémie du coronavirus en Guinée.

Décryptage !

Guineematin.com : pour commencer, comment se porte monsieur Bah Oury après son départ forcé de l’UDD ?

Bah Oury : Je me porte comme un lion, parce que j’ai hâte d’aller sur le terrain et faire beaucoup de choses que j’ambitionne pour mon pays. Donc, c’est pour vous dire que Bah Oury se porte à merveille.

Guineematin.com : des rumeurs disent que vous êtes en route pour la mouvance présidentielle. Que répondez-vous ?

Bah Oury : Quelle est la route qui mène vers la mouvance ? Je ne connais pas sa direction. Il y a des personnes qui sont dans la mouvance qui certainement apprécient et respectent monsieur Bah Oury comme il y en a d’autres ailleurs. Mais, nous avons un projet politique qui n’a rien à voir avec le projet politique de la mouvance et nous entendons réaliser notre projet à travers notre engagement pour notre pays, pour sa stabilité, pour la réconciliation et pour le respect des droits de tous les citoyens de ce pays.

Guineematin.com : Le retour de Bah Oury à l’UFDG est-il envisageable ?

Bah Oury : J’avais dit qu’après moult difficultés que j’ai eues, j’ai tourné la page de l’UFDG. Je maintiens cette attitude. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas besoin de ceux et de celles qui militent à l’UFDG parce que ce sont des citoyens guinéens. Et comme nous avons pour vocation de rassembler et de fédérer les forces positives de ce pays, j’ai besoin d’eux. Toutefois, en termes institutionnels, l’UFDG a un président qui a déjà répondu sans ambigüité à cette question en disant que c’est impossible.

Et par conséquent, en ce qui nous concerne, nous sommes aujourd’hui, demain et après-demain, prêts à nouer s’il y a nécessité objective pour l’intérêt supérieur de la nation, un partenariat politique qui sera à définir avec aussi bien avec l’UFDG qu’avec d’autres formations politiques qui voient dans le même sens que nous, dans le cadre de la défense de la constitution de la Guinée, dans le cadre du respect des normes démocratiques universelles et dans le sens du respect des droits de l’Homme et des dynamiques de réconciliation nationale. Donc, nous ne sommes pas fermés et nous sommes ouverts demain et après-demain à toute forme de partenariat qui permettrait à la Guinée de trouver le chemin de la consolidation de la paix et de sa transformation économique et sociale.

Guineematin.com : C’est quoi donc la suite pour monsieur Bah Oury ? Allez-vous prendre du recul et former votre propre parti politique ?

Bah Oury : Nous sommes en train. Vous savez, rien n’a été dérangé dans ce que nous avons mis en œuvre ces derniers mois. Nous allons trouver l’habillage juridique et institutionnel pour continuer notre cheminement politique. Ça ne prendra que quelques jours, et donc ça peut être à travers une formation politique, avec d’autres formations politiques, avec une coalition et disons avec des formes qui confortent la stabilité de notre encrage institutionnel, politique, pour éviter ce qui nous est arrivé avec nos amis de l’UDD, qui n’ont pas fait ces derniers jours preuve de sérénité. Bref, il faut dire que nous sommes dans le chemin de la conquête du pouvoir. Et dans ce cadre, il faut un organe et une formation politique et nous nous donnerons les moyens de l’avoir dans les prochains jours ou semaines, inch’allah.

Guineematin.com : Comptez-vous être candidat à l’élection présidentielle qui doit en principe avoir lieu en octobre prochain ?

Bah Oury : Vous savez, la prochaine élection présidentielle en Guinée pose problème. Il est un peu difficile d’envisager l’élection présidentielle alors que la constitution vient d’être violée avec la mise en place d’une constitution qui n’est pas en conformité avec les règles démocratiques et de droit. Vous avez aussi un fichier électoral qui est complètement corrompu. Donc, il y a deux questions fondamentales sur lesquelles il faudrait que la Guinée trouve une solution de sortie de crise le plus rapidement que possible : la question de la constitution et la question du fichier électoral. Ce n’est qu’à partir de là que nous pouvons, dans une large mesure, envisager le cours politique de la Guinée sous des meilleurs auspices. En dehors de cela, il est difficile à tout observateur et à tout acteur soucieux de la stabilité et de la paix en Guinée, d’envisager une organisation d’élections présidentielles dans les conditions aussi opaques et troubles que nous vivons aujourd’hui.

Guineematin.com : Certains estiment que cette présidentielle risque d’ailleurs de ne pas avoir lieu cette année, à cause de la pandémie du coronavirus qui sévit dans le pays. Qu’en pensez-vous ?

Bah Oury : Je ne pense pas qu’on pourrait avoir une élection présidentielle en 2020. Ce qui est beaucoup plus probable, ce que la Guinée s’achemine vers une transition politique qui permettrait de remettre les institutions et les règles constitutionnelles en conformité avec le droit pour avoir l’adhésion de la majorité de la population par rapport aux nouvelles règles qui vont être édictées. Ce qui est indispensable pour conforter la paix et la stabilité. Nous ne pourrons pas continuer cette fuite en avant. Donc, au cours de cette année 2020, il est peu probable qu’il y ait une élection. Mais ce qui serait plus important pour la République de Guinée, c’est d’aller vers une transition politique qui permettrait de remettre les choses au bon endroit.

Guineematin.com : Une transition politique avec le maintien du président Alpha Condé au pouvoir ?

Bah Oury : De toutes les façons, les conditions actuelles indiquent qu’il y a nécessité d’avoir une transition politique. Maintenant, cette transition politique peut être sous deux formes. Cela dépend de la réalité politique et des rapports de force sur le terrain. Avec le président actuel, au-delà de son mandat, il est peu probable. Mais quoi qu’il en soit, pour ne pas jeter une pierre sur l’avenir, considérons que ce qui est le plus essentiel et le plus intéressant pour la Guinée d’aujourd’hui, pour qu’elle puisse faire une sortie de crise heureuse, c’est la transition politique qui puisse être mise en place avec l’assentiment et l’implication de la CEDEAO et de la communauté internationale pour permettre à la Guinée d’assurer sa stabilité et de faire porter les normes constitutionnelles en vigueur pour nous permettre de renouer avec l’ordre constitutionnel.

C’est extrêmement important que cela soit fait. Et bien entendu, dans ce processus, il sera envisagé la question de la reprise intégrale du recensement électoral pour avoir un fichier fiable, correct qui prend en compte l’écrasante majorité du corps électoral guinéen, qu’il soit à l’intérieur du pays où à l’extérieur. Et, de l’autre côté également, il se pourrait que durant cette période de transition, qu’il soit possible d’envisager de faire émerger, de manière générale, un pacte républicain qui permet de fixer le socle sur lequel tous les acteurs sociaux et politiques s’accordent sur la nécessité absolue de défendre et d’adhérer à un pacte républicain qui sera le socle sur lequel des nouvelles institutions pourront être érigées et une constitution en conformité avec la volonté majoritaire du peuple de Guinée pourra être conçue et proposée par référendum.

C’est extrêmement important que nous revenions et nous reformions la République de Guinée parce qu’il y a eu beaucoup de cafouillages, de dérives et de torts qui ont été portés contre les institutions de la Guinée. Donc, je pense que ça, c’est une priorité avant l’organisation d’une élection crédible ou inclusive et paisible pour permettre aux Guinéens de désigner l’homme ou la femme qui pourrait présider aux destinées de notre pays pour les années à venir.

Guineematin.com : Récemment, le FNDC a transmis à la CPI, une lettre d’information accablante pour le pouvoir guinéen. Le gouvernement a aussitôt contre-attaqué avec un signalement des opposants soutenu par des supports audio et vidéo. Pensez-vous que cette procédure aboutira à quelque chose qui sera favorable à la lutte du FNDC ?

Bah Oury : Comme vous le savez, la CPI a ses règles, elle a ses mécanismes de fonctionnement. Ce qui est le plus important, c’est que des signalements ont été indiqués et déposés auprès de la Cour Pénale Internationale. Celle-ci, en fonction de sa vision, de sa mission et des opportunités qui peuvent s’offrir à elle, se chargera d’envisager de mener des enquêtes au moment opportun dans notre pays, afin de faire la lumière sur les exactions et les crimes qui ont été commis ces dernières années. Dans ce cas, la CPI fera des enquêtes avec les expertises et l’impartialité que certains et d’autres lui reconnaissent. Donc, il n’y a pas de drame dans cela.

Je dois rappeler simplement qu’il y a quelques jours, 5 personnes ont été tuées à Coyah, une personne à Dubréka et une autre à Kamsar, suite à des échauffourées entre les forces de l’ordre et la population. Ces séries de tueries militent pour que la CPI puisse prendre en compte le cas guinéen comme un cas prioritaire pour introduire et engager des enquêtes sur les crimes qui ont été commis ces dernières années en Guinée. Donc, si le gouvernement guinéen contre-attaque, cela veut dire qu’il y a nécessité que la CPI s’intéresse de plus près aux crimes qui ont été commis dans le cadre des violations des droits de l’Homme dans notre pays. Que ça soit la plainte du FNDC, que ça soit la contre-attaque du gouvernement, tout cela indique qu’il y a nécessité et urgence que le cas guinéen soit un cas que la procureure de la CPI devrait prendre en considération.

Guineematin.com : Avec toutes les arrestations et intimidations d’opposants en cours en Guinée malgré la crise sanitaire actuelle, ne pensez-vous pas que le pouvoir de Conakry est sûr ou bien est fort de quelque chose ?

Bah Oury : Vous savez, lorsque vous utilisez la dynamique répressive, ça veut dire que vous êtes à cours d’arguments politiques et vous voulez utiliser la terreur, la force, pour vous substituer et pour étouffer les velléités de revendications politiques. Ce sont les pouvoirs faibles qui usent et abusent de la répression excessive. Donc, ce n’est pas une force mais au contraire, la traduction d’une panique au sein des autorités politiques guinéennes aujourd’hui. Si vous utilisez la force et la répression, cela veut dire que vous savez que vous êtes déjà perdu. Parce que la liberté, quels que soient les moyens utilisés pour l’étouffer, elle finira toujours pas triompher. Et, le peuple de Guinée en a marre, le peuple en a assez de la situation actuelle.

Guineematin.com : Quelle lecture faites-vous de la gestion de la pandémie du coronavirus dans notre pays ?

Bah Oury : La situation est grave. Nous sommes à l’heure actuelle un des pays qui, par le nombre de contaminés, pourrait dans les semaines à venir, être à la tête du peloton des pays infectés par le coronavirus. La situation est très compliquée et c’est la raison pour laquelle, le gouvernement a été obligé de faire appel à près d’une centaine de médecins cubains qui vont venir à Conakry pour apporter leur soutien. Cela veut dire qu’il y avait panique à bord et l’arrivée de ces cubains, c’est une bouffée d’oxygène, espérons-le, pour pouvoir contenir la propagation de la maladie, surtout en ce qui concerne le soutien aux soins des malades. Au-delà de la maladie, la propagation du coronavirus interpelle l’organisation étatique et aussi la discipline que les autorités doivent mettre ne place pour que cela puisse être.

Et malheureusement, la capacité de résilience de l’Etat guinéen est extrêmement faible, ce qui l’oblige à ne pas être en mesure de faire assumer correctement les mesures de confinement éventuel, l’isolement de Conakry et de respect de certaines normes comme les mesures barrières. C’est la faiblesse de l’Etat guinéen parce qu’ailleurs, l’Etat se donne les moyens d’apporter l’aide nécessaire aussi bien aux citoyens, à leur économie, pour faire face à la situation. Ici en Guinée, rien n’est fait pour que les populations et les économies locales puissent résister, sinon que des discours.

Guineematin.com : Pendant que cette maladie régresse ailleurs, elle continue à se propager dans notre pays. Selon vous, qu’est-ce qui manque à la Guinée dans cette lutte ?

Bah Oury : D’abord, il y a une absence de volonté institution d’agir correctement et conséquemment. Au niveau de la responsabilité entre l’ANSS et le département de la santé, il y a des divergences, des tiraillements. En ce qui concerne la cohérence de la politique de riposte, il y a absence de vision et absence d’objectifs. En ce qui concerne les infrastructures sanitaires, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, les milliards qui ont été accordés à la Guinée avec la fièvre hémorragique Ebola, qui a été une grave épidémie qui a affecté notre pays, le Libéria et la Sierra Léone, ces fonds extrêmement importants, on dirait qu’ils se sont volatilisés comme beurre au soleil. Où sont passés ces fonds ? Parce qu’avec tout cela, la Guinée aurait pu être le pays qui pourrait présenter le plus de moyens en mesure de contrecarrer et de freiner la propagation du Covid-19. Mais comme vous le savez, la gouvernance économique et financière est marquée par la corruption, et donc beaucoup de choses qui ont été allouées à la Guinée ont dû disparaître dans des poches ou pour servir des intérêts privés.

Guineematin.com : Avez-vous avez des conseils à donner aux autorités qui pourraient aider à éradiquer cette maladie ?

Bah Oury : Déjà, nous avons mis en place à notre niveau un groupe de travail international qui rassemble les cadres de notre institution politique et nous allons donner dans les prochains jours aux autorités officielles, les fruits de cette réflexion en termes de propositions, de suggestions et en termes d’expression de notre point de vue sur la situation. Mais, au-delà de tout, parce que nous sommes des citoyens, nous avons lancé une campagne médiatique avec des spots télévisuels pour sensibiliser dans toutes les langues nationales nos compatriotes sur la nécessité de respecter et de faire respecter les mesures barrières recommandées par l’OMS pour freiner la propagation du coronavirus en Guinée.

Guineematin.com : Face à la fermeture des écoles, due à la propagation du coronavirus dans le pays, les autorités guinéennes ont lancé récemment des cours à distance. Que pensez-vous de cette initiative ?

Bah Oury : J’ai été associé un peu par hasard à une émission de radio concernant la méthode que les autorités gouvernementales ont proposé d’utiliser pour donner des cours par le biais de la télévision. Je pense que ça, c’est une méthode qui n’est pas du tout pertinente parce que vous savez quelles sont les conditions qui sont en Guinée aujourd’hui en termes de possession de téléviseurs, en termes pédagogiques. Comment donner les cours à des élèves qui sont éparpillés dans tout le pays où l’accès à la télévision n’est pas général ? Ensuite, comment développer une technologie qui n’a pas été affinée surtout à des élèves qui ne sont pas prêts à suivre cela ? C’est peine perdue.

Parallèlement, nous leur avions suggéré de mettre en œuvre une petite innovation. Comme on n’a pas mis en place un portail internet au niveau du ministère de l’Education nationale pour que chaque établissement scolaire puisse avoir son site internet pour qu’il y ait un suivi direct par les parents d’élèves de l’évolution de leurs enfants à l’école, à travers les exercices qui sont donnés à travers l’emploi du temps, que ça soit un moyen de liaison entre écoles et familles, puisque ceci n’a pas été fait, il est important de trouver un système « D ». Ce système « D » que nous avons préconisé, bien sûr que ce n’est pas quelque chose qui résout totalement le problème, mais que les classes d’examen combinent les deux applications.

Les deux applications sont WhatsApp et Zoom. WhatsApp permet de transmettre les devoirs, d’avoir les copies des élèves. Chaque classe peut avoir son groupe WhatsApp et il est possible que ça soit aisément partagé. Ça, c’est pour le suivi des travaux dirigés. De l’autre côté, pour les cours proprement dits, les cours magistraux, il est possible à travers l’application Zoom, que les élèves constitués en groupes puissent également poursuivre directement leurs cours. C’est ce que nous avons préconisé au ministère de l’Education nationale. Je ne sais pas s’ils ont trouvé cette proposition pertinente, mais personnellement, je pense que cela aurait pu permettre de limiter les dégâts, surtout que ce n’était pas quelque chose qui a été réfléchi et pensé bien avant.

Guineematin.com : Vous parlez de groupes WhatsApp, mais est-ce que vous pensez que tous les élèves guinéens ont des smartphones leur permettant d’avoir accès à WhatsApp ?

Bah Oury : Aujourd’hui, contrairement à ce que beaucoup pensent, dans la plupart des centres urbains où il y a l’accès à internet, la plupart des jeunes utilisent WhatsApp.

Guineematin.com : Sauf que là nous ne parlons pas seulement de ceux qui sont dans les centres urbains, mais de tous les élèves guinéens y compris ceux qui sont dans les villages les plus reculés.

Bah Oury : Comme vous le savez, un système « D » ce n’est pas pour résoudre complètement le problème. C’est pour résoudre en partie le problème, pour ne pas que tout le monde soit sacrifié. C’est ce que je viens de dire que ce n’est pas une solution parfaite où tous les élèves en classe d’examen pourraient être pris en charge directement. Mais par contre, une fraction non négligeable des élèves pourra être prise en compte par la combinaison de ces deux applications pour ne pas qu’il y ait une longue absence sur les bancs d’école et qu’il y ait déscolarisation progressive de certains enfants qui sont surtout issus des milieux des plus humbles et des plus modestes. Je ne dis pas que c’est la solution parfaite, mais je dis que c’est une partie de la solution pour limiter la casse qui est en train d’être visible au niveau de l’éducation nationale.

Guineematin.com : Votre mot de la fin ?

Bah Oury : Je crois que la situation du Covid-19 en Guinée est un effet grossissant de toute la situation de mauvaise gouvernance que la Guinée a emmagasinée durant plusieurs décennies : manque d’infrastructures à tous les niveaux, manque de logique gouvernementale. Ce qui a amené à créer des barrages notamment entre Dubréka et Conakry et entre Coyah et Conakry, qui a suscité la tragédie qu’on a enregistrée la semaine dernière. La Guinée montre ses faiblesses et ces faiblesses sont étalées sur la place publique. Son économie risque d’être profondément affectée par cette situation. Vous avez des tonnes de pommes de terre qui pourrissent puisqu’ils ne trouvent pas preneur à Timbi Madina alors qu’à Conakry, il y a une certaine pénurie de pomme de terre.

Les autorités n’ont même pas envisagé cette possibilité de ramassage des pommes de Timbi Madina pour les amener vers Conakry. Et il en est de même pour les noix de cajou qui ne trouvent pas preneur parce que les frontières sont fermées. Des fruits pourrissent un peu partout dans le pays. Il faut continuer à développer l’information la plus large, la plus objective au sein de la communauté guinéenne. C’est ça qui peut construire et favoriser l’émergence d’une conscience citoyenne forte et indispensable dans ces temps de crise.

Interview réalisée par Mamadou Diouma Diallo,
Correspondant de Guineematin.com à New York

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