La manifestation du 23 mai 2013 à Conakry marque un tournant dans l’évolution politique de la Guinée depuis les élections présidentielles de 2010.

Comme à l’accoutumée, la barbarie et l’horreur ont été au rendez-vous avec cinq ou six jeunes gens  tués par les forces de l’ordre ou assimilées. Ces morts sont encore une fois de plus, des morts de trop. En deux ans et demi de pouvoir, le régime d’Alpha Condé est le responsable et le commanditaire de l’assassinat de plus d’une trentaine de manifestants résidents dans l’axe Hamdallaye-Cimenterie dans la commune de Ratoma à Conakry. Aussi, sa volonté de confiner les marches de protestation de l’opposition démocratique dans cette zone répond à un double impératif :

 

La contestation du régime d’Alpha Condé est devenue plus large maintenant. Ses deux années et demie de gestion du pays ont prouvé à la majorité des guinéens que le «  régime est incapable de redresser la Guinée ». Ce sentiment est partagé même dans  des secteurs de la société qui étaient auparavant favorables au RPG. Ainsi l’aveuglement actuel et la violence meurtrière contre les jeunes de Ratoma ne visent qu’à masquer cette terrible vérité : les guinéens ont marre de « la gouvernance d’Alpha CONDE » et souhaitent son départ du pouvoir.

 

Ramener la crise actuelle à une simple crise électorale autour des conditions d’organisation des élections législatives est une erreur stratégique mortelle. La manifestation du 23 mai en a donné une illustration où selon des sources concordantes des manifestants de l’opposition ont laissé exploser publiquement leur colère devant les atermoiements, les reniements et les compromissions incestueuses de certains responsables de l’opposition avec le pouvoir.

 

La crise actuelle est plus profonde encore. Elle est le prolongement de celle qui a commencé au début des années 2000. Les massacres du 22 janvier 2007 et du 28 septembre 2009, la disparition du Général Lansana Conté et la transition militaire qui lui a succédé, les élections présidentielles calamiteuses de 2010 et la gouvernance hors-la-loi d’Alpha CONDE n’ont nullement entamé le désir de démocratie, de liberté et de progrès de tout un pays. Le chemin de la libération et de la transformation sociale de la Guinée est parsemé d’embûches et de tragédies et les martyrs se comptent en milliers de victimes. Tout cela ne fait que renforcer la détermination et la clairvoyance dont font preuve les jeunes de Guinée pour  résister à l’oppression et au déni de leurs droits constitutionnels.

 

Je suis de cœur et d’esprit avec eux, car ils se battent et sacrifient leur vie pour que demain la Guinée soit libre, démocratique, unie, fraternelle, réconciliée et tournée vers la modernité et le progrès. Ils mettent à nu l’inadmissible égoïsme de l’élite politique guinéenne qui, jusqu’à présent à ignorer les intérêts fondamentaux des guinéens pour privilégier uniquement son ambition de pouvoir et de prédation des ressources nationales.

 

Que la terre soit légère pour ceux qui sont tombés et que leur âme repose en paix. La Guinée ne vous oubliera jamais.

 

 

Le, 25 mai 2013

 

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